« Un auteur, sa bibliothèque, quatre questions », ce petit rendez-vous littéraire sans prétention, est né de la curiosité de savoir quel lecteur se cache derrière l’auteur. Car oui, tout auteur est avant tout un lecteur – comment écrire sans lire ?

image

Un auteur :

Julien Hervieux, alias Un odieux connard, est un écrivain.

Titulaire d’un master en protection du patrimoine culturel de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (2002-2008), il a été consultant en solutions numérique, spécialité secteur culturel, tourisme et hôtellerie et formateur (2010-2017).

Auteur aux multiples talents, il écrit des critiques cinéma humoristiques sur son blog, ainsi que passionnants essais sur l’histoire de la Seconde guerre mondiale.

Pour Poulpe Fictions, il a encore changé de registre en livrant un roman jeunesse drôle et décalé, « Orage petit seigneur des ténèbres » (2018).

Après avoir écrit des livres et développé son blog, il se lance sur YouTube en créant la chaîne « Le Petit Théâtre des Opérations », sur laquelle il propose de parler de la grande Histoire de manière tout à fait décalée.

Sources : Babelio et Editions Kero

Sa bibliographie : 

  • Le grand livre escape game – Marabout– 2019

Le-grand-livre-de-l-Escape-game-Disparition-a-l-opera

Quatrième de couverture :

C’est la première d’Otello : les spectateurs affluent et remplissent les loges tandis que musiciens, danseurs et couturiers font les derniers ajustements… Mais panique en coulisses !La cantatrice Barbara Malhansky est introuvable. Vous avez une heure pour aider le directeur de l’Opéra à la retrouver.Des coulisses aux sous-sols, progressez énigme après énigme en vous aidant des indices dissimulés dans les pièces les plus secrètes de l’Opéra…

  • Au service de sa Majesté la mort : Tome 1, L’ordre des revenants – Castelmore – 2018

L-ordre-des-revenants

Quatrième de couverture :

« Savez-vous pourquoi personne n’échappe à la Mort ? Parce que ses services sont les meilleurs. »

Londres, 1887. Prise dans le carcan de la société victorienne, Elizabeth, jeune journaliste indépendante, n’a d’autre choix pour exercer son métier que de passer un accord avec un journaliste qui lui sert de nom de plume. Un accord funeste : quand ce dernier est assassiné sous ses yeux, Elizabeth, devenue gênante, est sommairement abattue…
… pour se réveiller dans sa propre tombe.

Commence alors pour elle une toute nouvelle « existence ». Sous la surveillance d’un étrange chaperon, Elizabeth rejoint, à son corps défendant, les rangs des Revenants, des morts-vivants chargés de traquer ceux qui tentent de repousser la venue de leur dernière heure.
Elle œuvre désormais pour le compte de Sa Majesté la Mort elle-même, une activité bien loin du repos éternel…

  • Au service de sa Majesté la mort : Tome 2, De vieux ennemis – Castelmore – 2019

De-vieux-ennemis

Quatrième de couverture :

« À vous qui avez osé attaquer la Mort : nos représailles seront impitoyables. »Un peu partout dans le monde, des imprudences ont récemment coûté la « vie » à des Revenants.S’agit-il de pures coïncidences ou l’Ordre est-il en train d’être attaqué ? Voilà qui complique sérieusement la mission de l’Ordre de Londres, toujours à la recherche de l’énigmatique W.Et ce n’est que le début des ennuis. Pour tenter de maîtriser la situation, Elizabeth va devoir se rendre à Venise et rencontrer Charon en personne…

  • L’odieux connard. Qu’il est bon d’être mauvais – Points– 2015

Qu-il-est-bon-d-etre-mauvais (1)

Quatrième de couverture :

« Qu’il est bon d’être mauvais ». C’est le credo de l’Odieux Connard dont le blog compte déjà près de 4 millions de lecteurs. Dans cet ouvrage, il persiste à signer des spoilers de films, tels Twilight en deux minutes, mais il s’interroge aussi sur des questions beaucoup plus pratiques : Comment parler le jeune ? Comment survivre au monde hostile d’une grande surface ? Faut-il coucher le premier soir ?

Ce livre est composé aux deux tiers de textes totalement inédits et d’articles cultes du blog, comme l’art mystérieux du selfie ou la page Facebook d’Hitler.

A la vie, à la guerre – Epub– 2015

A-la-vie-a-la-guerre

Quatrième de couverture :

  1. Julien Drouot était un jeune imprimeur parisien… Maintenant, c’est un soldat.

  2. Antoine Drouot, jeune homme de vingt-quatre ans, travaille à l’imprimerie Ledoux aux côtés de ses amis Jules Chemin et Lucien Ledoux. Tous les trois s’adonnent aux activités de leur âge : ils travaillent, passent du temps aux terrasses des cafés et s’amusent… La fête nationale du 14 juillet réserve même à Antoine une bien agréable surprise.
    Cependant, le climat est de plus en plus pesant dans les rues de Paris et à l’imprimerie. Le 1er août, la nouvelle tombe : mobilisation générale. Antoine et Jules rejoignent le 24e régiment d’infanterie et partent au front, tandis que Lucien reste à Paris grâce à son père.
    Les jeunes soldats découvrent la vie sur le front : la censure des courriers, les longues marches, l’horreur des combats, l’attente dans les tranchées, les nouvelles amitiés, les deuils, la peur…

  • Orage Petit seigneur des ténèbres – Poulpes fiction – 2018

Orage-Petit-seigneur-des-tenebres

Quatrième de couverture :

Et si on changeait la fin du conte ?

Orage est un petit seigneur des ténèbres. Comme son père et son grand-père avant lui, son destin est tout tracé : il devra un jour enlever une princesse et perdre le combat contre le chevalier qui viendra la sauver. Tout ceci ennuie déjà beaucoup Orage, et plus encore les leçons interminables qu’il reçoit pour devenir un vrai méchant !
Son idée ? Enlever la princesse immédiatement pour être débarrassé et faire enfin ce qui lui plait !

 

Vous pouvez suivre l’actualité de Julien sur :

  • son blog en cliquant ici
  • sa page FB en cliquant ici

image

Sa bibliothèque, quatre questions :

 

1.Etes-vous davantage livres d’occasion, livres neufs, empruntés en bibliothèque, format poche, grand format, dédicacés ou pas ? Dites-nous tout !

Julien Hervieux : Je suis deux choses : livre neuf, parce que non seulement ils ont une odeur toute particulière, mais parce que je sais qu’ainsi, je soutiens aussi bien mon libraire que l’auteur ! Mais je suis aussi… livre numérique. Pour la simple et bonne raison que je voyage beaucoup et que je lis beaucoup de vieilles biographies assez volumineuses… je pense donc que vous voyez l’avantage ! Mes livres sont rarement dédicacés… sauf par les copains rencontrés en salon : c’est l’avantage des auteurs, on grille honteusement les files !

 

2. Décrivez-nous votre bibliothèque ? Une photo ? Plusieurs Photos ?+ photos (biblio, pile à lire…)

Julien Hervieux : Pas de photo car suite à un récent déménagement, elle n’est pas complète ! Disons que j’ai plusieurs bibliothèques, organisées par thématiques : bandes-dessinées, livres de loisirs, livres de travail, livres des copains… et comme tout le monde, je finis par manquer de place ! D’où un déménagement de livres qui prend du temps.

 

3. Quel est le livre qui est dans votre pile à lire depuis longtemps ?

Julien Hervieux : Je suis comme vous : des livres à lire, j’en ai toute une liste ! Mais j’arrive à procéder à peu près dans l’ordre. Le livre qui arrive sans cesse à être retardé quand bien même je l’ai entamé est El asesinato de Federico García Lorca, de Ian Gibson. Qui en plus est dédicacé et doit me forcer à bosser un peu mon espagnol, que diable !

El-asesinato-de-Federico-Garcia-Lorca

4. Quel est le petit dernier qui a rejoint votre pile à lire ?

Julien Hervieux : En cette période de confinement (je réponds à cette interview en avril 2020), j’ai décidé de lire Carrier Pilot, de Norman Hanson. Et il est passé en haut de ma pile pour une raison simple : quand vous vous sentez enfermés, lisez donc le récit d’un jeune homme qui vit à bord d’un porte-avions britannique en 1944. Bizarrement, ça aide à relativiser !

51dOMYDkadL

Petit bonus :

Pourriez-vous citer un artiste (peintre, sculpteur, dessinateur…) que vous affectionnez particulièrement ?

Julien Hervieux : Je suis particulièrement amateur des peintres impressionnistes du début du XXème siècle. Je pourrais vous en citer un certain nombre sans grande hiérarchie, ou des sujets que j’aime plus ou moins (ah, les peintures impressionnistes du Paris de la belle époque sous la pluie !), aussi je vais plutôt vous glisser le nom du dernier qui m’a vraiment marqué : Alex Clapés. Un artiste catalan qui au beau milieu de la galerie des portraits d’un musée espagnol, où il n’y a presque que d’élégants Messieurs en costume peints dans leurs bureaux, a réalisé ceci :

1

 

Voilà son Portrait de Manuel Dalmau Oliveres. Tout est flou, mais diable, quelle énergie dans le coup de pinceau, quel charisme a ce personnage ! Vous n’aurez pas de photo de ma bibliothèque, mais vous aurez cela ! Vous vouliez un bonus, il est là !

 

image

Cet article comprend un petit supplément, que je vous explique pourquoi… Il m’a été conseillé de contacter Julien par l’intermédiaire de Laura G. Elle est la fille de Stéphanie, amie rencontrée grâce à Vendredi Lecture, ah… les livres et l’amitié, c’est beau, n’est-ce pas ? !

Laura est étudiante en licence de Biologie à la fac de Metz et, bien entendu, aime la lecture et notamment la plume de Julien Hervieux. Elle l’a rencontré au Salon de Nancy en 2019. Rapidement, elle a dévoré les deux premiers tomes de Au service de sa majesté la mort, le début de A la vie à la guerre, et elle suit régulièrement son blog Un odieux connard.

En résumé, je passe la parole à Laura qui joue les apprenties blogueuses sans le savoir ! Un peu de magie en cette période de confinement ne peut que faire du bien surtout quand l’auteur se prête au jeu !

Place à…

L’interview de Laura… 

09a66c9e-db47-45fd-9f5f-0bc0a5b524a5

Laura : J’aimerais bien savoir combien de temps mettez-vous pour écrire un roman dans sa totalité ? Comment vous organisez-vous entre la recherche d’infirmations et la rédaction ?

Julien : Tout dépend du roman ! Un roman pour enfants peut s’écrire en quelques jours (pour les plus courts), un roman pour adultes peut demander plus de temps. J’ai la chance d’écrire très vite : si je travaille sérieusement, en un mois, un roman peut être écrit. Mais si l’on rajoute les recherches, les imprévus du quotidien, ma vie à côté… considérez deux à trois mois ! Généralement, je fais toutes mes recherches dans un premier temps, je crée un fichier avec tout ce que je dois retenir ou qui pourrait donner des choses intéressantes, puis j’écris ma trame. Une fois tout organisé… je n’ai plus qu’à écrire un chapitre par jour. Si je m’y tiens, en trente jour, soit un mois, j’ai un manuscrit complet.

Laura : Toujours lors de la phase d’écriture, est-ce que vous écoutez de la musique ? Quel style ?

Julien : J’écoute toujours de la musique, et tout dépend des scènes. Une seule règle : jamais de chanson française. J’ai l’impression que quelqu’un me parle, et cela me distrait énormément ! Moins il y a de paroles (ou moins j’y prête d’attention), plus c’est facile. Le néo-classique est bien pour énormément de scènes dans quantités de livres, mais pour une bonne scène années 20 par exemple, une playlist electro-swing est parfaite !

Laura : Quel genre de livres lises-vous ? A quel rythme ?

Julien : Je lis énormément de biographies. Comme je suis un passionné d’histoire et que je fais des conférences sur le sujet, il y a toujours plus à apprendre. Je lis donc tout un paquet de livres pas toujours bien jeunes. Le rythme dépend énormément de mon travail : plus je voyage, plus je lis ! Dans les trains, le soir à l’hôtel et autre… c’est parfait. À l’inverse, chez moi, je passe plus de temps à écrire qu’à lire. Donc souvent on tourne autour du rythme de cinq ou six livres par mois quand je voyage, à un ou deux quand je ne bouge pas trop. Mais oui, je passe plus de temps à lire qu’à écrire. Et quand je trouve une anecdote historique dans un livre, je perds des heures en recherches sur le sujet, en prises de notes… bref, vous comprendrez que je n’avance pas toujours bien vite !

Laura : Est ce que vous avez lu les « Sherlock Holmes »de Conan Doyle ? 

Si oui, que pensez-vous de la cohérence de l’histoire ? des personnages ? Pensez-vous que les personnages ont des réactions qui ne correspondent pas ?

Julien : Je ne les ai pas lus ! En ce moment, je rattrape mes classiques (je viens à peine de finir Vingt ans après), et il faudra que je me mette à Sherlock Holmes rapidement (oui, lui aussi est dans ma pile à lire…). Car c’est l’archétype d’un personnage difficile à écrire : le personnage plus intelligent que l’auteur ! Je m’explique. Si vous allez dans une salle de sport, vous aurez beau dire “Je vais imiter quelqu’un de très fort !” vous serez limité par votre propre force réelle. Dans un livre, si vous dites “Je vais écrire un personnage très intelligent !” il sera limité par votre propre raisonnement. C’est pourquoi l’écueil rencontré est souvent celui du “personnage qui devine tout”pour tenter de simuler l’intelligence. Sherlock Holmes est souvent résumé à ça. Je compte bien en découvrir plus à son sujet, et voir comment Arthur Conan Doyle a géré la chose. Mais bon, moi, je m’intéresse plus à Moriarty, vous l’imaginez bien ! J’ai toujours préféré les méchants.

Laura : Dernière question, lors de l’écriture d’un roman, avez-vous déjà complètement changé l’histoire par rapport au plan initial ?

Julien : Un bon auteur doit savoir se remettre à l’ouvrage. Je ne sais pas si je suis bon, mais je sais que si je veux le devenir, je dois faire mes devoirs ! Alors oui, il m’est arrivé de reprendre entièrement des manuscrits. Maintenant, l’histoire est toujours restée peu ou prou la même. Mais il y a eu de gros changements dans la personnalité de personnages, ce qui était abordé ou non, la conclusion… mais après il y a aussi les livres jamais édités ! Et que si je devais reprendre, je réécrirais entièrement. Après, on reste toujours près de la trame d’origine : un livre, c’est avant tout une idée. Et ça, c’est plus difficile de la changer !

 

Voilà !

 

image

Je tiens à vous remercier encore une fois de votre disponibilité pour répondre à cette interview ainsi qu’aux questions de Laura qui ne savait pas au moment où nous avons préparé ceci que vous aviez accepté !

Sincèrement, merci !

Louise