« Un auteur, sa bibliothèque, quatre questions », ce petit rendez-vous littéraire sans prétention, est né de la curiosité de savoir quel lecteur se cache derrière l’auteur. Car oui, tout auteur est avant tout un lecteur – comment écrire sans lire ?

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Un auteur :

Valentine Goby publie depuis quinze ans pour les adultes et pour la jeunesse. Elle reçoit en 2014 treize prix littéraires pour Kinderzimmer, paru chez Actes Sud. Passionnée par l’histoire et par la transmission, la mémoire est son terrain d’exploration littéraire essentiel.
Murène est son treizième roman.

Vous pouvez suivre l’actualité de Valentine Goby sur sa page Facebook  ou encore sur la page de son éditeur Actes Sud.

Sa bibliographie (non exhaustive) :

Jeunesse : 

  • Juliette Pommerol chez les Angliches – 2016 – Thierry Magnier

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Quatrième de couverture : Juliette Pommerol, jeune héroïne qui se caractérise par sa propension au mensonge, effectue un séjour linguistique dans une famille anglaise, qui fait son possible pour répondre aux voeux de la jeune fille : promenade à Londres, camping en Ecosse…

  • La fiesta de Mamie Pommerol – 2017 – Thierry Magnier

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Quatrième de couverture : Le rêve de Mamie Pommerol est de voler un jour. Juliette et sa soeur vont devoir mentir pour organiser une fête d’anniversaire mémorable.

  • Tous français d’ailleurs – Tome 2 – 2018 – Casterman

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Quatrième de couverture : Anouche a échappé au génocide en Arménie ; Jacek est venu de Pologne pour travailler dans les mines du Nord ; les parents d’Angelica ont quitté l’Italie dans l’espoir de lui offrir un avenir meilleur ; venu du Maroc, le grand-père de Chaïma a combattu pour la France durant la Seconde Guerre mondiale ; le père de João a fui la dictature au Portugal. Ning, enfin, a voyagé clandestinement depuis la Chine pour rejoindre sa mère.
Ce livre raconte les mouvements de population successifs qui ont fait la diversité de la France d’aujourd’hui. Depuis 2011, des milliers de personnes cherchent un refuge en Europe, fuyant la dictature, la misère ou la guerre en Syrie, en Afghanistan, au Soudan… Il y a parmi eux des enfants qui rêvent ou font des cauchemars, qui sont amoureux ou qui aiment dessiner. Comme nous. Ce nouveau recueil de La collection « Français d’ailleurs » leur donne un nom, une voix, un visage. Ouverts sur le monde, solidaires et riches de nos différences, nous sommes tous Français d’ailleurs.

Littérature : 

  • Kinderzimmer – 2013 – Actes Sud – (GF ou Poche)

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Quatrième de couverture : En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plusieurs dizaines de milliers de détenues. Mila a vingt-deux ans quand elle arrive à l’entrée du camp. Autour d’elle, quatre cents visages apeurés. Dans les baraquements, chacune de ces femmes va devoir trouver l’énergie de survivre, au très profond d’elle-même, puiser chaque jour la force d’imaginer demain.
Et Mila est enceinte mais elle ne sait pas si ça compte, ni de quelle façon.

  • Un paquebot dans les arbres – 2016 – Actes Sud (GF ou Poche)

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Quatrième de couverture : Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession.

En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.

À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.

  • Je me promets d’éclatantes revanches : Une lecture intime de Charlotte Delbo – 2018 – Actes Sud (GF ou Poche)

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Quatrième de couverture : J’ai ouvert Aucun de nous ne reviendra, et cette voix m’a saisie comme nulle autre. Je suis entrée à Auschwitz par la langue. »

L’une, Valentine Goby, est romancière. L’autre, c’est Charlotte Delbo, amoureuse, déportée, résistante, poète ; elle a laissé une oeuvre foudroyante. Voici deux femmes engagées, la littérature chevillée au corps. Au sortir d’Auschwitz, Charlotte Delbo invente une écriture radicale, puissante, suggestive pour continuer de vivre, envers et contre tout.

Lorsqu’elle la découvre, Valentine Goby, éblouie, plonge dans son oeuvre et déroule lentement le fil qui la relie à cette femme hors du commun. Pour que d’autres risquent l’aventure magnifique de sa lecture, mais aussi pour lancer un grand cri d’amour à la littérature. Celle qui change la vie, qui console, qui sauve.

  • Murène – 2019 – Actes Sud :

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Quatrième de couverture : Hiver 1956. Dans les Ardennes, François, un jeune homme de vingt-deux ans, s’enfonce dans la neige, marche vers les bois à la recherche d’un village. Croisant une voie ferrée qui semble désaffectée, il grimpe sur un wagon oublié… Quelques heures plus tard une enfant découvre François à demi mort – corps en étoile dans la poudreuse, en partie calciné.
Quel sera le destin de ce blessé dont les médecins pensent qu’il ne survivra pas ? À quelle épreuve son corps sera-t-il soumis ? Qu’adviendra-t-il de ses souvenirs, de son chemin de vie alors que ses moindres gestes sont à réinventer, qu’il faut passer du refus de soi au désir de poursuivre ?

Murène s’inscrit dans cette part d’humanité où naît la résilience, ce champ des possibilités humaines qui devient, malgré les contraintes de l’époque – les limites de la chirurgie, le peu de ressources dans l’appareillage des grands blessés –, une promesse d’échappées. Car bien au-delà d’une histoire de malchance, ce roman est celui d’une métamorphose qui nous entraîne, solaire, vers l’émergence du handisport et jusqu’aux Jeux paralympiques de Tokyo en 1964

 

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Sa bibliothèque, quatre questions :

 

1.Etes-vous davantage livres d’occasion, livres neufs, empruntés en bibliothèque, format poche, grand format, dédicacés ou pas ? Dites-nous tout !

Valentine Goby : Le format le plus pratique et le plus léger a toujours ma préférence. Vive le poche ! Je n’ai pas le culte des objets, des livres pas plus que des autres, et tout grand format se retrouve entre mes mains immédiatement cassé à la tranche, pages cornées, marges gribouillées, couverture abîmée, feuilles blanches transformées en pense-bête ou liste de course, texte marqué de taches de thé ou d’huile d’olive… d’où mon incapacité à utiliser une liseuse, ce que j’adorerais, parce que c’est tellement léger. Un livre est une photographie de ma vie au moment de ma lecture, pas un objet sacré ! Le texte, oui, si je l’aime. Mes livres sont imprêtables.

2. Décrivez-nous ta bibliothèque ? Une photo ? Plusieurs Photos ?+ photos (biblio, pile à lire…)

Valentine Goby : Elle est pleine de livres de poche classés par auteur. Je la purge régulièrement et à conte-cœur, faute de place…. J’ai un rayon de littérature étrangère, et toute une partie de ma bibliothèque est réservée aux livres qui ont nourri mes recherches pour différents romans, des essais, des romans, des témoignages. La bibliothèque est quasi le seul élément de décoration de mon appartement. Une autre partie est réservée aux livres à lire, une pile qui ne diminue jamais, c’est une catastrophe. Elle comprend les livres que j’achète, les livres que je reçois en tant que membre du jury du Prix Eugène Dabit du roman populiste, les livres offerts, les livres écrits pas des copains, ceux de mes camarades de rentrée chez Actes sud, les classiques jamais lus pour des opérations ponctuelles de rattrapage…

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3. Quel est le livre qui est dans votre pile à lire depuis longtemps ?

Valentine Goby : « La haine de la musique » de Pascal Quignards

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4. Quel est le petit dernier qui a rejoint votre pile à lire ?

Valentine Goby : « Cent millions d’années et un jour » de Jean-Baptiste Andrea, un deuxième roman d’un écrivain magnifique dont j’ai adoré le premier roman, « Ma reine ».

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Petit bonus : Pouvez-vous citer un artiste (peintre, sculpteur, dessinateur…) que vous affectionnez particulièrement ?

Valentine Goby : Il y en a trop, quelle question frustrante ! Je ne peux pas laisser de côté cette femme, poètesse, écrivaine et dramaturge extraordinaire qu’a été Charlotte Delbo, à laquelle j’ai consacré un livre (« Je me promets d’éclatantes revanches » – Une lecture intime de Charlotte Delbo) pour célébrer son écriture du corps, son goût pour la vie après Auschwitz et Ravensbrück, et sa lutte par le langage contre l’idée d' »indicibilité » qui fait de son œuvre un manifeste pour al littérature.

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Je suis honorée d’avoir accueilli Valentine Goby dans l’interview « Un auteur, sa bibliothèque, quatre questions » ! Lorsqu’elle a accepté de participer, ce fût une immense joie !

Valentine, tout simplement, Merci !

Bonne lecture,

L.