« Un auteur, sa bibliothèque, quatre questions », ce petit rendez-vous littéraire sans prétention, est né de la curiosité de savoir quel lecteur se cache derrière l’auteur. Car oui, tout auteur est avant tout un lecteur – comment écrire sans lire ?


Un auteur :

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Le roman de Balano, coécrit avec Eric Bonnargent, est paru aux éditions du Sonneur.

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Une bouche sans personne est son premier roman. Il est notamment sélectionné parmi les « Talents à suivre » par les libraires de Cultura et remporte le prix des libraires indépendants « Libr’à Nous » et finaliste du prix Hors Concours en 2017.

Gilles Marchand est également batteur plusieurs groupes de rock.

Sa bibliographie :

  • Le roman de Balano – coécrit avec Eric Bonnargent – 2015- Editions du Sonneur

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Quatrième de couverture : Que se passe-t-il lorsqu’un chauffeur de taxi amnésique tombe sur l’adresse d’un personnage du roman qu’il vient de lire ? Que se passe-t-il lorsqu’après lui avoir écrit à tout hasard, ledit personnage, un ancien policier, lui répond qu’il est bel et bien vivant, qu’il n’a rien d’un être de papier et qu’il n’a même jamais entendu parler de l’auteur, un certain… Roberto Bolaño ? Ce lecteur (Pierre-Jean Kaufmann) et cet homme dont on a « volé » la vie (Abel Romero) entament alors une correspondance afin de cerner les liens qui unissent Romero et Bolaño. Mais au fil de leurs échanges, les voilà conduits à examiner aussi le passé de Kauffmann, dont l’amnésie semble cacher un lourd secret.
Articulé autour de l’œuvre du grand écrivain chilien, Le Roman de Bolaño croise l’enquête littéraire et le thriller latino. Naviguant entre Paris, Barcelone et Ciudad Juárez, le lecteur se trouve plongé au cœur d’une histoire où le vrai n’est jamais sûr et le faux toujours possible, et où rôdent en permanence la folie, le feu, la vie et la littérature.
Éric Bonnargent et Gilles Marchand ont joué à la lettre le jeu du roman épistolaire, correspondant à plus de neuf cents kilomètres de distance sans jamais rien savoir de ce que l’autre avait à l’esprit. Pendant plus d’un an, ils se sont écrit, créant ainsi au gré de leurs échanges la trame narrative de ce qui allait devenir Le Roman de Bolaño. Là réside en partie l’originalité profonde de ce texte : Pierre-Jean Kaufmann et Abel Romero prennent corps, se répondent, s’écoutent et s’invectivent : on en oublierait presque qu’ils n’ont jamais existé – si tant est qu’ils n’aient jamais existé…

  • Une bouche sans personne – 2016 – Editions Au forge de Vulcain – Points

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Quatrième de couverture : Un comptable se réfugie la journée dans ses chiffres et la nuit dans un bar où il retrouve depuis dix ans les mêmes amis. Le visage protégé par une écharpe, on ne sait rien de son passé. Pourtant, un soir, il est obligé de se dévoiler. Tous découvrent qu’il a été défiguré. L’homme commence à se raconter. Léger et aérien en apparence, ce récit devient le roman d’un homme qui se souvient et survit – vivante et poétique incarnation d’une nation qui survit aux traumatismes de l’Histoire.

  • Un funambule sur le sable – 2017 – Editions Au forge de Vulcain

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Quatrième de couverture : C’est l’histoire de Stradi qui naît avec un violon dans le crâne. A l’école, il va souffrir à cause de la maladresse ou de l’ignorance des adultes et des enfants. A ces souffrances, il va opposer son optimisme invincible, héritage de ses parents. Et son violon s’avère être un atout qui lui permet de rêver et d’espérer. Roman de l’éducation, révérant la différence et le pouvoir de l’imagination.


Sa bibliothèque, quatre questions :

1. Etes-vous davantage livres d’occasion, livres neufs, empruntés en bibliothèque, format poche, grand format, dédicacés ou pas ? Dites-nous tout !

Gilles Marchand : Je suis plutôt livres neufs. Une préférence pour le poche mais cette préférence n’est pas exclusive. Quand je suis amené à rencontrer les auteurs de ces livres, je les fait dédicacer… Mais je ne suis pas un fétichiste de la dédicace.

Je n’aime pas que l’on me prête de livres, j’aime garder ceux que j’ai lus. J’ai un rapport assez intime à la lecture et il m’est difficile de me séparer de mes livres, même si je ne les ai pas aimés. Tous les ans, je m’efforce de me débarrasser de quelques-uns pour faire un peu de place.

2. Décrivez nous votre bibliothèque ? Une photo ?

Gilles Marchand : Ma bibliothèque est assez désordonnée. J’ai d’abord tenté de la ranger par genre ou origine géographique. J’ai ensuite fait une bibliothèque de mes livres préférés… Mais je crois qu’aujourd’hui il n’y a quasiment plus aucun classement. Des livres posés à l’horizontale, d’autres à la verticale, des contemporains qui côtoient des classiques. Je pense qu’il n’y a que moi qui serais capable d’y retrouver un livre… et encore ce n’est pas toujours le cas.
Et puis, il y a tout un tas d’objets. Certains sont arrivés parce que je les aime, d’autres par hasard parce que je les y ai posés « momentanément ». Il y a une figurine du Yellow Submarine, une de Paul et une autre de George, quelques cartes postales, un réveil qui ne fonctionne plus, quelques cd, deux trois bougeoirs…

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3. Quel est le livre qui est dans votre pile à lire depuis longtemps ?

Gilles Marchand : Il y en a plusieurs mais le premier qui me vient à l’esprit est Belle du Seigneur. Je ne suis pas sûr de le lire un jour, il est peut-être destiné a rester dans cette pile. Cela dit, cela fournit un socle assez stable.

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4. Quel est le petit dernier qui a rejoint votre pile à lire ?

Gilles Marchand : Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus de Richard Brautigan.

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5. Enfin, pourriez vous me citer un artiste (peintre, sculpteur, dessinateur…) que vous affectionnez particulièrement ?

Gilles Marchand : Question difficile. Alors, évacuons les évidences, je ne parlerai pas des Beatles (même si j’ai construit un Yellow Submarine en Lego avec mes enfants à Noël…) Allez, je dirais David Eugene Edwards, le chanteur de 16th Horsepower puis de Wovenhand. Et un deuxième, tiens : Felix Van Groeningen, le réalisateur de la Merditude des choses, Alabama Monroe et Belgica.


Un grand merci à Gilles Marchand d’avoir accepté d’être notre invité : un réel plaisir ! Je vous invite à découvrir sa plume.
Bonne lecture,
L.